Donc le voyage commence par un départ de chez moi à vélo pour Saint Amour. Non ce n'est pas une allusion volontaire; juste un signe supplémentaire, la gare de Bourgogne Franche-Comté la plus proche de mon palier pour faire marcher la réduction de ma carte mobigo et aller à Dijon. Dijon, source de la Seine et descente du cours d'eau. Arrivé à Paris avec un jour de retard le samedi 8 à la gare de Bercy à 12h29. J'ai dû prendre le train pour finir. La coulée verte n'a pas changé mais qu'est devenu le lion d'or en face de la gare de Lyon? Remontée de la voie sur berge, amusant qd on pense qu'avant on la descendait dans l'autre sens pour traverser Paris en 40mn. Remontée de Rivoli à vélo. Drôle. Je dis aux gens: "Je ne suis pas venu à Paris depuis 20 ans, vous pouvez comprendre mon étonnement" pour voir leur réaction. On me demande d'où je viens. Mais je ne dis pas que je viens à Paris pour venir chercher une petite culotte ou nager dans la Seine, je ne suis pas fou. Tjrs un peu rétif à entretenir une conversation dans la rue le parisien. Moins de pollution, moins de bruit mais ça, ça n'a pas changé. Passage devant "Jeanne! Au secours!", j'en ris à chaque fois. Je remonte les artères vers l'ouest pour rejoindre Sartrouville où je ne sais pas s'il y a encore une petite culotte de Madame c2b78 qui m'attend. Je profite de la balade pour admirer le paysage urbain autour de moi dans la perspective d'atténuer une déception à venir. Remontée des Champs, passage du tunnel de l'Étoile. Mince je me rends compte que je passe sous les fenêtres de l'immeuble d'Un éléphant ça trompe énormément, mais je ne le verrais pas je suis encore dans le tunnel! ”Depuis tout à l'heure j'ai envie de vous, comme jamais je n'ai désiré personne. Comment expliquez vous cela?” Bon je ne fais pas demi- tour, j'ai une mission. J'en conclus juste que si Rochefort s'était trouvé une femme de candauliste pour maîtresse il n'aurait pas fini sur ce balcon. Mais le scénariste n'aurait pas non plus pu finir le film avec la scène de la chute infinie. Grande Armée, rue Le Sueur, toujours pas rebaptisée rue des sueurs froides. Maillot méconnaissable, j'avais même pas compris où j'étais. De Gaulle, arrêt sablons, arrêt de l'ancien musée des arts et traditions populaires avec son ticket de métro en fin d'exposition sur la vie quotidienne. Ticket de métro. Ça me fait penser encore à cette photo du pubis de Madame c2b78 épilé en forme de ticket de métro. La température monte. Mais dans tous les sens du terme. J'ai traversé quasiment tout Paris mais c'était pas par un mois de ”Jambier” et encore moins avec 2000 francs en poche. Le soleil au dessus de moi a la couleur de l'or mais il est de plomb, c'est une arnaque. Je commence a avoir comme un doute sur ma capacité à rejoindre le pays de Bray. Je traverse comme un grand la Défense par le niveau -1 mais pas dans la bonne direction; il y fait frais. J'arrive à Sartrouville, connais pas. Terra incognita. J'achète 2 bouteilles d'eau dans une épicerie, je suis déjà en mode survie. J'arrive après 3h de pérégrination dans la rue de la géocachette, un quai en fait. Je tourne à gauche. Au bout de 200 metres je me rends compte que je suis dans le mauvais sens. Je me dis c'est foutu, j'ai laissé l'opportunité à quelqu'un d'arriver avant moi. Ça devient une course contre la montre soudain. Je sais que le trésor est entre deux ponts mais je ne me souviens plus combien il y a de ponts à proximité. Je fais demi-tour. Effectivement je vois au loin une péniche. Je suis excité. Je ne fais même pas le tour, j'enjambe avec mon vélo le petit muret qui sépare la piste cyclable du quai. Je veux savoir. Et je fais vite; on sait jamais si un mec se jettait devant moi pour récupérer ce que je suis venu chercher, je serais déçu. À deux pas de la passerelle , je me retourne et j'inspecte tout autour, mais je ne vois personne se précipiter vers moi comme s'il était en train de louper la chance de sa vie. Un mec qui chercherait le graal quoi. Le paquet est là. Bleu. Une charlotte? Un couvre-chaussure? Il n'est plus caché sur la pile, mais il est là, au sol, sous la passerelle. Je peine à croire que c'est possible. Je le ramasse rapidement et discrètement, je le glisse dans la sacoche de vélo. Je vais admirer la péniche sur une plateforme et je regarde le fleuve. C'est là-dedans que je vais nager? Ça paraît pas être la meilleure idée de l'année, c'est bien déguelasse.
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Mais je m'éternise pas, je retraverse vite la rue pour me mettre à l'ombre. Autant le dire tout de suite j'ai pris un coup de chaud, c'est une fournaise. Il m'a fallu dare-dare boire et manger un flan frais que j'ai acheté précédemment en chemin. J'ai l'impression de manger une glace tellement il fait chaud mais c'est juste un flan sorti du présentoir réfrigéré. Je vois d'autres cyclistes s'arrêter aussi à l'ombre. Il est 15 h30. Soudain je me demande si je n'ai pas ramassé un sac vide au final: après tout il n'était plus à son emplacement initial. Angoisse. Je passerais pas pour un imbécile par hasard? Je vérifie. Et non, il est là ce petit paquet contenant ce qui ressemble beaucoup à une petite culotte roulée sur elle-même. J'ai réussi. Je suis impressionné par mon abnégation pour arriver jusqu'ici. J'ai l'impression d'avoir accompli une grande oeuvre. On pourrait mettre une plaque commémorative en marbre blanc: " Ici à l'année 2026, début de l'ére du calorifère, dantesque a traversé ville et faubourgs sous la canicule pour décrocher la petite culotte de Madame c2b78". En réalité, j'ai traversé tout un pays! Mais en attendant j'ai vraiment pris un coup de chaud. Je réfléchis à aller jusqu'à Conflans pour récupérer le train pour aller en pays de Bray. Gisors-Lachapelle 27km seulement, une bagatelle. Ligne J. Mais je sais que la ligne Paris Gisors est une galère en terme de tarification et je ne suis pas sûr de trouver les bonnes bornes ou un guichet ouvert pour acheter un ticket. Y aller en vélo et revenir en train le soir même par Beauvais; mais je ne me trouve pas la capacité physique de le faire, c'est illusoire. Après de longs atermoiements, je me résigne. Je dois être demain à Paris , il est 16h, c'est trop de stress. Je traverse une nouvelle fois la Seine, mais encore une fois vers l'ouest, pour trouver refuge à l'ombre du parc de Maisons-Laffitte. Je m'allonge sous les arbres sans gêne, au pied des maisons, si ça se trouve parmi elles, celle de Madame c2b78. Je saisis le paquet bleu et j'en retire une enveloppe couleur crème d'un grammage lourd, avec l'authentification pour le challenge marquée dessus d'une élégante écriture féminine:
<<Forum Candauliste
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Challenge Couple
"Été 2026"
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J'en retire un petit sac en gaze de polyester, organza, de couleur rose pâle ou couleur pêche, je ne vois plus bien dans mon état. À l'intérieur une petite culotte noire soigneusement roulée sur elle-même. Ça a été réalisé avec précision et une véritable intention, On dirait de l'artisanat. Un produit de luxe. À Maisons-Laffitte ça ne jure pas. Je ne la déballe pas. J'hume ce petit sac et son contenant tel quel. J'en ai déjà des vertiges d'ivresse. Je m'endors. Je suis rincé. On appelle ça une insolation j'imagine.
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À suivre...
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